Vos commentaires

Commentaire sur Patrick Hirtz : “Nous avons besoin les uns des autres pour raconter le monde…”

Posté dans la catégorie Vos commentaires le 14 septembre 2006

On ne peut qu’approuver le voeu de P Hirtz que journalistes et humanitaires “apprennent à travailler ensemble, redéfinissent entre eux un contrat de confiance”.
Il serait intéressant de préciser : quels journalistes ? quels humanitaires ?
Le site de Coordination Sud, qui se présente comme le portail des ONGs françaises de solidarité internationale parle d’un nombre de plusieurs milliers pour les ONGs françaises (voir Budget et nombre d’ ONGs françaises à http://www.coordinationsud.org/rubrique.php3?id_rubrique=20).
Certes cette diversité est source de richesse mais n’est-elle pas aussi source de difficulté à se faire entendre ?
Quand une grande ONG, à l’occasion du terrible tsunami asiatique, fait savoir (et à mon avis, c’est tout à son honneur), qu’elle n’a plus besoin de fonds, combien de petites ONGs auraient aimé en avoir un peu plus ?
Alors communiquer : oui mais en évitant la surenchère, comme l’écrit P Hirtz (”Le pire, c’est lorsqu’ils se placent dans une logique marchande, qu’ils ont besoin de se montrer, de se raconter pour récolter des fonds et qu’ils donnent dans la surenchère sur certains lieux de crise.”)
Une plus forte coordination des humanitaires n’apparait-elle pas alors comme souhaitable, tant dans le domaine de la communication que peut-être dans d’autres domaines, avec le risque pour chaque ONG de perdre (un peu ?, beaucoup ?) de son identité ?

Roger Wyart

18 ans de Visa

Posté dans la catégorie Vos commentaires le 30 août 2006

j’ai suivi Visa depuis 18 ans. c’est une fois par an, comme Noel, Paques, ou le 14 juillet plutot car c’est un feu d’artifice de photos sur la vie et la mort du monde.
j’aimerai trouver sur la toile tout au long de l’année, semaine apres semaine, les images que l’on ne voit qu’une fois par an pour avoir le temps de les digerer, de se poser des questions, d’y repondre, pour rester ensemble, et ne pas perdre tant de temps finalement.

” Dans quel monde vit-on ? ”

Posté dans la catégorie Vos commentaires le 29 août 2006

Dans un monde gouverné par l’argent.
La consommation résume tout.
Or la vraie vie, la Vraie, n’a absolument rien à voir avec l’argent.
Le problème est là.
Il ne faut pas attendre que les médias fassent leur vrai boulot.
Il ne faut pas attendre.
Il faut Créer. Un nouveau média, hors-normes, concernant les crises humanitaires.
Il faut créer une référence, la médiatiser, la faire vivre.
Le Festival Visa pour l’Image est un festival qui a le mérite d’exister mais…
Une vraie attente de ma part en revanche : créer un site internet dédié, avec publication de photos, de vidéos, d’articles. Le tout en plusieurs langues :
Les photos que l’on ne voit jamais, sauf 1 fois par an du côté de Perpignan ou autre, pourraient être mises en ligne, de façon protégée, sur un même site Internet.
Le travail des photographes serait alors bien visible.
Le travail des vidéastes serait alors bien visible.
Le travail des vrais journalistes “papier” serait alors bien visible.
Un seul site. Une référence. Des droits protégés. Des accès gratuits, des accès payants. Mais la gratuité est privilégiée. Normal.
De vrais documentaires etc….
Bref le Portail de l’Humanitaire. A la hauteur de l’enjeu. Et, oui c’est une lourde charge, oui c’est une grosse responsabilité.
Vaste chantier mais complètement réalisable si l’on a arrive à fédérer Institutions, Fondations, ONG, Professionnels des Médias et secteur privé.
Les “vieux” médias suivront ou ne suivront pas. Au moins il existera un endroit dédié visible par les petits et par les grands sur le web.
Imaginer… avant de créer. Concevoir avant d’élaborer. L’homme le fait tous les jours dans nombre de domaines… y compris dans celui, très prisé, de la connerie…
Mais encore faut-il le vouloir vraiment.
Reprendre la parole.
Reprendre les rennes.
Bref, il y a un boulot, un jour, que l’on devra faire, sans être payé pour.
Ce boulot c’est vivre ensemble. Parce qu’on est tous nés au même endroit et qu’on habite tous le même : La Terre.
Et les Pays riches, développés doivent donner l’exemple de façon frontale et honnête (!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!).
Nous sommes en 2006 parait-il ? Il serait peut-être temps de se prendre sérieusement en mains non ?
Petite parenthèse :
(cf un article pioché sur le site de Libé : “La France mauvaise élève de l’aide au développement”
Elle arrive 18e sur 21, dans le classement livré chaque année par l’ONG américaine, le Centre pour le développement mondial. Les Pays-Bas sont en tête.
Par Thomas Rossi ( merci à lui… article du Lundi 14 août 2006 - 18:21).
Tout ce que ne nous ne faisons pas aujourd’hui sera fait demain, dans des conditions bien plus difficiles, voir désastreuses, par vos, nos enfants.
Cela concernera Tout le Monde.
René Barjavel s’en retourne dans sa tombe. Paix à son âme…
( je le répète, j’en profite : Un seul site. Une référence. Des droits protégés. Un accès gratuit, un payant.
De vrais documentaires… photos, vidéos, articles, sons…
Bref le Portail de l’Humanitaire. A la hauteur de l’enjeu et avec ses multiples liens… )
Longue vie à ce Blog…
Christophe Luquet. Réalisateur. 28 ans.

 

Commentaire à “A savoir”

Posté dans la catégorie Vos commentaires le 28 août 2006

L’image a une violence que n’atteint qu’exceptionnellement l’écrit. La photographie n’est pas un langage. Elle ne peut ni expliquer, ni justifier, elle ne nous dit pas où sont les bons et où sont les méchants. Elle s’adresse directement à l’affectif. Elle ne peut que susciter l’émotion brute. Et c’est sans doute cette limitation qui fait sa force, là où le verbe permet de garder suffisamment l’horreur à distance pour arriver à tolérer, accepter les pires situations, l’image parce qu’elle suscite une émotion brute, peut-être à l’origine de la prise de conscience humanitaire.

L’image d’un évènement devient alors l’image de quelqu’un que l’on ne peut plus oublier.

Et c’est d’ailleurs pour cela que pour le bourreau, l’absence d’images sur un conflit est le moyen le plus simple pour massacrer en toute quiétude. La Tchétchénie et le Darfour en sont de remarquables exemples. Loin des yeux, loin du coeur.
Lorsque le black-out ou l’élimination physique des photos reporters sont impossibles politiquement, l’autre solution c’est le contrôle des images pour maintenir l’émotion et donc les humanitaires, à distance. Les célèbres “embedded” journalistes au sein de l’armée américaine en sont le meilleur exemple. On emmène les journalistes sur les lieux où l’on souhaite que les photos soient réalisées. La méthode est moins efficace que la censure totale car parfois les photographes font preuve de mauvais esprit, mais si par accident ils réalisent des images qui déplaisent, on peut toujours leur enlever leur accréditation. Et c’est ainsi que l’on a découvert des guerres sans morts et des bombardements sans victimes. Les chiffres des victimes peuvent croître tous les jours, ce ne sont que des chiffres, une abstraction là où la vue d’un seul enfant peut susciter la mobilisation dans une cause humanitaire (et/ou politique) pour faire cesser l’insupportable.
Au besoin pour stimuler leur créativité, on met en scène les images à leur attention. J’ai particulièrement apprécié la célèbre destruction de la statue de Saddam Hussein à Bagdahd que l’on pourrait comparer aux panneaux indiquant au passant à Disneyland Paris le lieu d’où il faut faire une photo exceptionnelle du parc d’amusement. L’intérêt est double: on utilise les journalistes pour faire passer son message, et c’est autant d’espace occupé dans les medias qui ne risque pas d’être pollué par un discours contraire à ses intérêts.

L’image dérange le bourreau en transformant un ennemi supposé abject et odieux en un individu qui suscite notre compassion. La victime cesse d’être une abstraction pour devenir un être humain auquel nous pouvons nous identifier et que nous ne pouvons plus oublier.

Mais il n’y a pas que le bourreau qui est en cause. Notre compassion est sélective. Si les images vont à l’encontre de nos opinions politiques, il y aura toujours trop d’images de l’autre camp et pas assez de celui auquel nous nous identifions. Si la pauvreté ou la souffrance est trop proche, notre mauvaise conscience trop grande, l’image peut devenir dérangeante un peu comme les tentes de médecins du monde destinées à abriter des SDF parisiens. Nous ne voulons alors pas les regarder. Enfin, parfois l’image n’arrive pas à briser l’indifférence suscitée par une population perçue comme trop lointaine comme les victimes africaines du sida, ou comme trop proche comme les SDF parisiens. Mais alors peut-être aussi que c’est le photographe qui est en cause… Certaines photographies réduisent les personnes photographiées à des archétypes. Le sujet devient un prétexte pour des “clichés” qui n’ont rien à voir avec les individus photographiés. C’est au photographe de trouver les images qui nous obligeront à les regarder.

Bonjour

Posté dans la catégorie Vos commentaires le 27 août 2006

Je suis étudiant en science politique à paris 8 et je réalise un mémoire sur la propagande en prenant comme exemple le cas des catastrophes naturelles. Il est important de noter que le problème est avant tout un problème de fond j’entend par-là un problème lié a la structure des médias dans un environnement capitaliste saturé en effet la course a la rentabilité pousse a un recours à la personnalisation, qui est pour être efficace personnalisation d’un Semblable auxquelles le receveur de l’information pourra s’identifier, (n’aller pas cherchez plus loin la différence de traitement entre le tsunami et le tremblement de terre au Pakistan) mais au-delà de ce problème vient se pauser le problème des shemas de réflexion des médias de masse sur les catastrophes dites naturelles (nom déjà infiniment problématique car il y a ici naturalisation d’un fait social en tous cas en partis) qui se caraterise globalement par 3 axes tous problématiques à des Niveaux différents qui sont ”un traitement naturaliste (ici la télé et les journaux de types parisien…) et un deuxième relevant d’un point de vue purement technicien tous aussi problématique car valorisant immodérément des solutions scientifiques alors que l’on sait aujourd’hui les incertitudes qui existe sur ces solutions participant du même cou à la valorisation du mythe prométhéen (ici les journaux du type le monde…)

Il y a bien d’autre problèmes évidemment lié au fait que les médias ne peuvent (pour être rentable ) rester indéfiniment sur un sujet, préfère le local, plus prompt a la personnalisation… ce qui nous amènes à constater que les marges de manœuvre pour une ONG pour faire apparaître un problème dans l’espace publique (s’il ne concerne pas des occidentaux) est problématique mais est encore plus problématique la capacité à faire durer cette focalisation (les exemples sont multiple Darfour pakistanais Palestine…)

Quelle solution existe donc pour les ONG? faire de grande opération marketing? déserté les médias de masse pour se concentrer sur des actions de sensibilisation plus direct de type diff. , changer les médias tous simplement, occuper d’autre espace de propagande telle la pub mais il restera le problème d’une information ne permettant pas une vrai mise en perspective et une véritable problématisation des sujets empêchant toutes subjectivisation qui est le premier pas vers une vrai prise en compte du problème au-delà de l’affectif et de la pitié du riche occidentale aidant ses pauvres arriérés du sud, ce qui me fait arriver au dernier point qui est peut être le plus important car si les ONG n’arrive pas a se servir réellement des médias (en tous cas sur le long terme) les ONG ont-elles une importance capitale pour les ”propagandistes” des médias dominants car elles servent (des fois par complaisance espérant tiré un bénéfice de cet utilisation des fois involontairement) d’alibi à une intervention (par fois armé de type somalie Rouanda ou ex-Yougoslavie) ou à un statu quo ne remettant pas en question les problèmes de fond on préfère parler d’une ONG qui donne à manger à des gentil petit enfant africain que remettre en question les règles du commerce mondiales fortement en défaveur du sud par exemple;(on noie le pôisson en faisant croire que l\’on fait qq que chose se qui permet de sauver un peu notre conscience).

Le problème soulevé ici et donc au moins de deux ordres relation des ONG vers les médias pour faire apparaître un problème mais à l’inverse utilisation faite par les médias des ONG à des fins de propagande (conscient ou pas sociologique ou pas) voici un bref aperçu non exhaustif de certain problème soulevé par cet relation entre média et ONG